ma vie quotidienne Diabète et vie sociale
Quelle est la prise en charge de mon diabète par l’Assurance Maladie ?
Quels sont mes droits dans mon travail ?
Faut-il déclarer ma maladie aux compagnies d’assurances ?
Permis de conduire et diabète ?
Comment gérer mon diabète dans ma vie quotidienne ?
Que dire à mon entourage et comment le dire ?
Les questions que vous vous posez sont nombreuses. Voici quelques réponses.
Les associations peuvent aussi vous informer, vous conseiller et vous assister. N’hésitez pas à les solliciter.
Pour en savoir plus : "Mes liens utiles"
- Le travail
- L’Assurance Maladie
- Le permis de conduire
- Les assurances
- Parler de votre diabète avec votre entourage
- Comment gérer son diabète avec vos habitudes familiales et vos traditions ?
Métiers et formations non compatibles avec le diabète
- Les métiers de l’armée et de la marine
- Les postes de sécurité
- Certains métiers dépendant de la direction des Mines, des Ponts et Chaussées (ingénieur ou adjoint technique), de la Sécurité Sociale (contrôleur et inspecteur du travail)
- Les postes à la SNCF et à la RATP (conducteurs de train, travail sur la voie) ne sont pas accessibles si la personne est sous traitement hypoglycémiant (insuline ou antidiabétiques oraux)
- Les métiers de l'aviation civile et commerciale
- Les métiers dits de sécurité : Service de Sûreté Nationale, Police Nationale, Gardien de la paix, etc.
- Ingénieur géographe, agent technique géographe
Chaque situation est évaluée médicalement au cas par cas.

La liste des métiers interdits est actuellement en cours de mise à jour par l’Association Française des Diabétiques : pour toute question spécifique, contactez le service social et juridique

Pour exercer certains métiers (puériculture, infirmière...), les personnes présentant un diabète devront justifier de la bonne prise en charge de leur maladie en indiquant les coordonnées de leur diabétologue et en présentant leur carnet de surveillance.
L'embauche
En aucun cas vous n’êtes tenu de déclarer votre diabète à votre futur employeur au cours de l’examen d’embauche. Vous pouvez donc refuser de répondre à des questions portant sur votre santé lors de cet entretien.
Seul le médecin du travail est habilité à recueillir des informations sur votre état de santé au cours de la visite médicale d'embauche.
C'est au médecin du travail d'apprécier votre aptitude à exercer votre futur métier. Il est donc souhaitable de l'informer de votre maladie.
Sachez que comme tout médecin, le médecin du travail est soumis au secret professionnel.
Au cours de la vie professionnelle
Au cours de votre carrière, votre diabète évoluant il se peut que votre santé se dégrade, même temporairement. Il est alors utile de savoir, afin de préserver votre emploi, qu’il existe des dispositifs mis en place pour vous aider.
Le diabète ne constitue pas un handicap et c’est une maladie qui n’empêche pas de travailler mais certaines personnes peuvent se voir reconnaître le statut de travailleur handicapé si la situation l’exige.
Pour cela il vous faudra remplir un formulaire délivré par les services sociaux de la mairie ou par la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH) ou ex COTOREP.
Le statut de travailleur handicapé permet de bénéficier de nombreuses mesures en vue de faciliter l’accès à une formation ou à un emploi. Des mesures d’accompagnement existent avec le réseau Cap Emploi.
D’autre part, le délai de préavis en cas de licenciement est plus important si le salarié bénéficie du statut de travailleur handicapé.
Enfin, ce statut est un des critères pour fixer l’ordre de priorité des licenciements dans le cadre d’un licenciement économique
La loi du 11 février 2005 réorganise les instances en charge de l’accueil, de l’évaluation et de l’orientation, à travers la création des Maisons départementales des personnes handicapées. Celles-ci ont la charge de :
- L’orientation scolaire, professionnelle et sociale.
- L’appréciation des besoins et l’attribution des allocations et prestation dans le cadre du droit à la compensation.
- La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (obligation d’emploi).
- La désignation des établissements et services appropriés.
En dehors de la visite médicale d’embauche, des visites médicales tous les 24 mois comme tout salarié ou à la suite d’un arrêt de travail, permettent au médecin du travail de se prononcer sur votre aptitude physique à un poste donné. A l’issu de cette visite médicale le médecin peut décider de prononcer :
- Soit une aptitude partielle avec réserve : le médecin du travail peut assortir de réserves un avis d'aptitude ce qui oblige à une seconde consultation deux semaines après. Pendant ces deux semaines l'employeur doit fournir du travail à son salarié qui se tient à sa disposition en aménageant provisoirement les conditions de travail de celui-ci.
- Soit une inaptitude provisoire entraînant un arrêt maladie avec de nouveau une visite médicale de reprise pour évaluer l’aptitude au travail.
Dans ces deux cas, le médecin du travail ne peut transmettre les motifs de sa décision à l’employeur. Si tel est le cas, il peut être poursuivi pour non respect du secret médical.
Le médecin doit faire en fonction de votre âge et de votre état de santé des propositions de mutation ou d’aménagement de votre poste à l’employeur.
Il est possible de contester la décision du médecin du travail, en informant l’inspection du travail de votre désaccord. Le cas est alors soumis au médecin inspecteur régional pour avis.
A la suite d’un avis d’inaptitude au travail, des solutions éventuelles de reclassement doivent être mises en place par l’employeur dans un délai de 1 mois.
Lorsque le reclassement s’avère impossible, une procédure de licenciement est engagée.

L’employeur peut être amené à proposer un poste de moindre qualification assorti d’une baisse de salaire. Vous êtes en droit de refuser ce reclassement, l’employeur doit alors faire une autre proposition ou prendre acte de la rupture du contrat de travail. Cette rupture entraîne un licenciement et non une démission.
La survenue de problèmes de santé peut occasionner des arrêts maladies de plus ou moins longue durée.
Pendant votre arrêt de travail, vous percevrez des compensations financières.
Leur montant et leur durée dépendent notamment, de votre régime de travail (général, fonction publique, travailleur indépendant) du temps travaillé et de votre salaire avant l’arrêt de travail.
Pendant la période d’arrêt maladie, le contrat de travail est suspendu mais le code du travail interdit les licenciements pour raison de santé.
Toutefois l’arrêt maladie peut entraîner une rupture de contrat de travail lorsqu’il s’agit d’absences prolongées et répétées à condition que l’employeur justifie la gravité des perturbations entraînées dans le fonctionnement de son entreprise. Le licenciement pour absence ouvre droit aux indemnités de licenciement.
Suite à un arrêt de travail, il est possible de reprendre votre travail à temps partiel (mi-temps thérapeutique). Cette mesure est destinée à permettre une reprise progressive de l’activité. Elle est temporaire et vise, la reprise à temps plein. Sa durée et les modalités de mises en place dépendent de votre régime de travail (général ou fonction publique).
Tout salarié bénéficiant d’une ALD peut s’absenter quelques heures par semaine sans que l’employeur ne puisse s’y opposer. Il s’agit d’absences pour traitements médicaux.
La retraite
A ce jour, à 60 ans, vous pouvez prendre votre retraite, même si vous n’avez pas acquis la totalité des trimestres nécessaires. Le montant de votre pension de base sera calculé en fonction du nombre de trimestres cotisés et de vos revenus.
Vous pouvez obtenir des mesures favorables, à condition que votre départ anticipé soit lié à votre maladie :
Par exemple, dans le cas d’une inaptitude au travail reconnue vous pouvez bénéficier de votre pension à taux plein même si vous ne totalisez pas le nombre requis de trimestre de cotisation à 60 ans. Renseignez-vous auprès de votre régime d’assurance maladie.
D’autre part, le principe de départ avant 60 ans peut vous êtes accordé si vous êtes reconnus comme salarié handicapé avec au minimum 80% d’incapacité permanente, si vous êtes âgés d’au moins 55 ans et si vous avez cotisés un certain nombre de trimestres ; renseignez vous auprès de votre régime de travail (général, fonction publique).
La prise en charge « Affection de Longue Durée » (ALD)
C’est votre médecin traitant qui déclare votre diabète à votre caisse d’Assurance Maladie, dans le cadre de la demande de prise en charge au titre de l’Affection de Longue Durée (ALD).
À cette occasion, il remplit un document appelé « protocole de soins » qui vous assure de la prise en charge à 100 % de tous les soins liés à votre diabète. Vous êtes ainsi exonéré de la part qui reste en principe à la charge de l’assuré (le ticket modérateur).
Elles sont, en revanche, exonérées du forfait de 18 euros concernant les actes lourds et dont le tarif est supérieur à 91 euros.
Cette exonération du ticket modérateur est limitée aux dépenses relevant strictement de votre maladie et de ses complications.
Lorsque l’exonération du ticket modérateur est attribuée au titre de l’invalidité, en raison par exemple de complications invalidantes incompatibles avec le travail, cette exonération couvre l’ensemble des dépenses de santé.

Comment bénéficier de la prise en charge à 100 %
du diabète de type 1 de l’enfant et de l’adolescent ?
La prise en charge à 100 % est acquise si les cycles d’éducation thérapeutique, la formation à la diététique et le soutien psychologique sont dispensés soit à l’hôpital, soit dans des centres d’éducation, soit dans des maisons sanitaires ou encore par des associations de patients.
Parlez-en avec votre médecin traitant,
coordinateur de votre prise en charge et de votre suivi.
Les remboursements
Seuls les lecteurs de glycémie dont l’affichage est limité à une seule unité de mesure (mg/dl ou mmol/dl) et garantis au moins 4 ans sont pris en charge.
Cette prise en charge est assurée pour :
• une attribution tous les 4 ans chez l’adulte
• deux attributions tous les 4 ans chez l’enfant de moins de 18 ans.
La prescription doit contenir :
• le nombre d’autosurveillances glycémiques à réaliser par jour
• l’unité d’affichage souhaitée pour le lecteur de glycémie
Les systèmes réactifs associés (électrodes, bandelettes et capteurs) sont pris en charge pour les conditionnements de 10, 50, 100, 150, et 200 unités.
Les conditionnements de 150 et 200 sont pris en charge sous réserve d’un conditionnement unitaire des réactifs ou de sous-conditionnement en flacon de 25 réactifs se conservant au minimum 3 mois après l’ouverture.
Les stylos injecteurs à aiguilles doivent être conformes à la norme NF EN ISO 11608-1 (2001) relatives aux stylos injecteurs à usage médical
• avec aiguille à cartouches préremplies. La prise en charge est accordée sous réserve de l’inscription de la cartouche adaptée sur la liste des spécialités remboursables
• avec aiguille et réservoir non réutilisable et stérile + ensemble stérile, réservoir et aiguilles adaptés pour le stylo
La prise en charge est assurée pour une attribution par an.
Les appareils autopiqueurs
• seuls les autopiqueurs garantis au moins 1 an sont pris en charge. Cette prise en charge est assurée pour une attribution par an chez l’adulte et deux attributions par an chez l’enfant de moins de 18 ans.
• les lancettes stériles, non réutilisables pour autopiqueurs sont pris en charge pour les conditionnements de 10, 50, 100, 150 et 200.
• Les autopiqueurs à usage unique stériles sont pris en charge pour les conditionnements de 10, 50, 100, 150 et 200.
La podologie peut désormais être prise en charge par l’Assurance Maladie, si le podologue est conventionné. Néanmoins, le nombre de séances remboursées est plafonné :
• pour le grade 2* : 4 séances de soins au maximum par an et par personne.
• pour le grade 3** : 6 séances de soins au maximum par an et par personne
*Grade 2 : neuropathie sensitive associée à une déformation et/ou une artérite des membres inférieurs
**Grade 3 : antécédent d’amputation des membres inférieurs ou d’ulcération du pied
La diététique. Les consultations chez un(e) diététicien(ne) libéral(e) ne sont pas prises en charge dans le cadre de l’ALD. Les prix varient pour chaque professionnel de santé. En revanche, les consultations concernant l’éducation thérapeutique (consultation hospitalière, réseaux de santé, maisons du diabète ...) sont prises en charge dans le cadre de l’ALD. Les consultations diététiques dans ce cadre le sont aussi.
Le vaccin contre la grippe. L'Assurance Maladie prend en charge la vaccination des personnes atteintes de diabètes de type 1 et de type 2, sans condition d’âge.
L’hospitalisation. La prise en charge à 100% ne concerne que les frais d’hospitalisation proprement dits. Elle ne comprend pas le forfait hospitalier qui reste à votre charge. Même chose pour les éventuels suppléments dits de confort personnel (chambre individuelle, télévision) et pour les dépassements d’honoraires.
Les permis A et B (groupe I, véhicules légers)
Toutes les personnes atteintes de diabète peuvent prétendre à l’obtention d’un permis de conduire pour véhicules légers (permis A ou B).
Toutefois, un arrêté réglemente ce permis.
Lors de votre demande de permis auprès de la préfecture, vous avez obligation de déclarer votre diabète, et ce quelque soit le type de diabète dont vous souffrez. Cette déclaration n'est cependant pas obligatoire si vous avez obtenu votre permis (A ou B) avant de devenir diabétique. Votre permis, dans ce cas reste à validité permanente, sauf en cas d'infraction grave et sur avis de la commission médicale.
La commission médicale détermine la durée de validité du permis de conduire qui peut être définitif ou temporaire selon votre état de santé.
Pour les autorisations temporaires, elle peut varier de 6 mois à 5 ans.
3 situations se présentent :
• Si vous êtes traités par des médicaments stimulant l’insulinosécrétion ou traités par une seule injection d’insuline le soir au coucher : avis spécialisé si nécessaire, l’évaluation médicale portera sur le risque hypoglycémique.
• Si vous êtes traités par insuline (injection unique la journée ou multiples) pour un diabète de type 1 ou 2, l’évaluation médicale portera sur les risques cardiovasculaires, l’altération visuelle et les complications rénales.
Le permis du groupe II (poids lourds, transports en commun, taxis, ambulances)
Si vous avez un diabète de type 1, vous ne pouvez pas y prétendre.
Toutefois, dans certains cas particuliers, une compatibilité temporaire peut être envisagée, mais toujours avec la plus extrême prudence.
Dans ce cas, conduire sur de longues distances ou sur de longues durées est vivement déconseillé. Le médecin sera particulièrement vigilant dans l’évaluation du risque hypoglycémique. Un avis ophtalmologique avec recherche de rétinopathie diabétique est demandé.
Pour les diabètes de type 2, une commission médicale autorise ou non la délivrance pour une durée variable, selon votre état de santé (acuité visuelle, risque cardiovasculaire, …) et la nature de votre traitement. Ainsi, une compatibilité temporaire est désormais possible pour la conduite diurne évaluée en tenant compte du risque d’hypoglycémie, à condition que le diabète soit traité par une seule et unique injection d’insuline par jour, le soir (au dîner ou au coucher).
L’Association Française des Diabétiques a négocié avec un assureur un contrat d’assurance de prêt spécifique. Renseignez-vous au près du service social et juridique de l’AFD.
Il est préférable qu'il connaisse votre maladie, ses conséquences et les mesures à prendre en cas de besoin. Ne serait-ce que pour vous venir en aide !
Pour vous aider, votre entourage doit apprendre et savoir :
- identifier et détecter les signes annonciateurs d’une hypoglycémie, comme vos changements d’attitude ou d’humeur ;
- les gestes qui peuvent vous sauver, notamment en cas d’hypoglycémie ;
Pour en savoir plus : "Les hypoglycémies"
- ajuster son mode de vie au vôtre, et adopter certains aspects de votre nouvelle hygiène de vie (activité physique, alimentation équilibrée). Au moins vous encourager, vous aider et vous comprendre ;
- adapter les comportements aux situations, qu’elles soient prévisibles (voyages, ...) ou imprévisibles !
Les habitudes familiales et les traditions influencent fortement notre façon de manger et ce que nous pensons être bon pour nous. Dans la rubrique alimentation, vous trouverez quelques conseils pour adopter une alimentation équilibrée en accord avec vos habitudes, votre culture et votre mode de vie personnel.
Pour en savoir plus : "L’alimentation"Parlez-leur de vos doutes, de vos réflexions...
Le jeûne
Une personne atteinte de diabète, sous traitement antidiabétique qui pratique les périodes de jeûne peut risquer un coma hypoglycémique.
- Si vous prenez seulement des comprimés, le jeûne est possible. À la condition de porter une attention particulière aux aliments consommés après le jeûne. Une discussion préalable avec votre médecin est toujours nécessaire pour décider quand et comment prendre les comprimés.
- Si vous êtes traité par insuline, discutez absolument avec votre médecin avant de commencer toute période ou type de jeûne.
La période du jeûne est, le plus souvent, un moment de déséquilibre important des glycémies chez les personnes atteintes de diabète.
Si vos glycémies sont déjà élevées, votre médecin peut vous déconseiller de pratiquer le jeûne.
Si vous tenez à pratiquer le jeûne avec votre famille et vos amis,
une discussion préalable avec votre médecin traitant est nécessaire.
Il y a plusieurs causes à ce déséquilibre :
- Les repas pris entre le coucher et le lever du soleil sont souvent très « riches » (plus de sucre, plus de gras et en plus grande quantité). Cela augmente le risque de glycémies trop élevées dans la nuit, ainsi que le matin au réveil.
- A contrario, vous pouvez être sujet à des hypoglycémies dans la journée.
Les pèlerinages
Pendant le pèlerinage, surveillez vos glycémies, pensez à manger et à boire régulièrement, tout en suivant votre traitement. Et faites attention à vos pieds car vous serez susceptible de beaucoup marcher !
Selon le traitement que vous avez, vous devez impérativement consulter votre médecin avant de partir en pèlerinage.








