
Pour lui, ça roule !
50 ans, diabétique de type 1
Coureur cycliste professionnel, Dominique est resté fidèle à la compétition malgré la découverte de son diabète. Au haut niveau pendant 11 ans, diabète ou pas, Dominique sait ce que c’est que de franchir les obstacles !
L'activité physique
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Diabète de type 1 ou de type 2
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En se contrôlant rigoureusement, on a le bon geste !
Si je n’avais qu’un seul message à délivrer aux personnes diabétiques comme moi, c’est bien celui de se contrôler le plus régulièrement possible. Car si on se contrôle, on a une bonne vision de ce qui se passe au niveau de sa glycémie en fonction de son activité et de son alimentation, c’est important.
Depuis 23 ans, je me contrôle tous les jours, je sais que je ne fais pas n’importe quoi avec mon traitement, je suis rassuré. Je sais que je fais au mieux pour mon diabète, donc pour ma santé.
Même si j’ai été sportif de haut niveau, soumis à la rigueur, je pense que, quelle que soit notre vie, une certaine exigence est nécessaire. Aujourd’hui, alors que je ne suis plus dans le cyclisme professionnel, je continue sur ce chemin de la discipline. Si on se laisse trop aller avec un diabète, si on ne se contrôle jamais, on ne sait pas où on va et on prend des risques inutiles pour sa santé.
Dominique
Le Vélo, ça continue de rouler pour moi !

Aujourd’hui : « qu’en est-il du vélo ? »J’ai continué à faire 5 à 6 000 km /an pendant les 3 années qui ont suivi la fin de ma carrière professionnelle. J’ai ensuite baissé de régime mais je continue toujours à faire du cyclisme.
Après ma carrière professionnelle, j’ai dû adapter la gestion du diabète à mon nouveau rythme de vie car les dépenses énergétiques n’étant plus les mêmes, les besoins en insuline non plus. Diabétique depuis longtemps, j’avais déjà une grande expérience de la gestion de ma glycémie, et les bases pour savoir comment m’y prendre. Je continue donc à ajuster mes doses d’insuline en fonction de mon alimentation et de mon exercice physique, comme je l’ai toujours fait.
Dans ma vie professionnelle, le vélo tient encore aujourd’hui une très grande place puisque je dirige un pôle associatif de cyclisme au sein duquel j’ai deux activités principales. D’une part j’encadre, avec des moniteurs, des cyclistes de haut niveau scolarisés sur Saint-Etienne, et d’autre part je donne des cours de vélo aux enfants des écoles primaires.
Vous voyez, je resterai toujours fidèle à ma passion !
Dominique
Cyclisme, diabète et insuline : le regard des autres n’est pas toujours facile !

Ce n’est pas toujours facile d’être diabétique dans un sport fortement confronté au dopage, comme le cyclisme.
Quand mon diabète s’est déclaré, en plus des questions qui se posaient par rapport à mon activité professionnelle, la suspicion de dopage est venue également s’interposer.
J’ai alors demandé délibérément aux médecins de faire les tests les plus poussés possibles, afin de lever le doute. C’était important pour moi d’être clair vis-à-vis de cette situation.
Lors des compétitions, ce n’était pas simple non plus à gérer.
A l’époque il n’y avait pas de système permettant de détacher ponctuellement sa pompe à insuline, pour prendre sa douche par exemple. C’est sûr que ce n’était pas très discret et on voyait que j’avais un appareil sur moi et cela n’a pas toujours était facile de faire comprendre pourquoi… Mais je me suis adapté au regard des autres.
Quand on évoque ma carrière en général, je suis très fier de l’image de sportif « intègre » que j’ai laissé. Ma plus belle victoire dans le sport c’est celle-là !
Dominique
Le tour de France avec ou sans diabète : quelle différence?
Ma carrière professionnelle de cycliste a duré 11 ans : 6 ans sans diabète et 5 ans avec.
Je ne peux pas dire que le diabète m’ait réellement empêché de vivre mon activité, j’avais acquis au cours des années une certaine forme physique. Pour l’alimentation, je n’ai rien modifié puisque j’avais déjà une hygiène alimentaire adaptée. Les contrôles glycémiques réguliers étaient nouveaux pour moi et il fallait aussi être très prudent sur la logistique. Il était en effet, impératif d’avoir tout ce qui m’était nécessaire au bon moment (doses d’insuline, matériels d’injection et de contrôle glycémique, etc.)
Les imprévus étaient mes principales préoccupations lors des compétitions sportives... Il fallait donc faire attention, par exemple quand les horaires de repas étaient décalés à cause de l’heure de départ, ou quand le traitement était reparti par mégarde dans le bus et que je n’y avais plus accès… des choses comme ça.
C’est vrai que lorsqu’on est diabétique, si les glycémies ne sont pas bonnes, les résultats sportifs peuvent ne pas être au rendez-vous !
Mais en tant que diabétique, j’ai quand même fait 3 fois le Tour de France, 3 fois le Tour d’Italie et les championnats du monde. En fait, toutes les plus grandes courses…
Dominique
Diabétique oui, mais sans publicité !

Depuis le jour où j’ai appris que j’étais diabétique, tous les gens avec qui je vivais l’ont su. Encore aujourd'hui je dis que je suis diabétique aux membres de l'association où je travaille. Je n’ai jamais voulu communiquer sur ma maladie publiquement car je voulais avant tout être considéré comme un sportif, au même titre que les autres. Par contre, je trouve intéressant qu’on ait pu découvrir que j’étais diabétique de façon indirecte. Cela permet de délivrer le message qu’on peut être diabétique et poursuivre ses passions, même à un haut niveau, et lever bien des tabous sur la maladie.
Plus jeune, j’allais souvent dans des associations dire aux autres diabétiques qu’il faut vivre normalement et continuer leurs activités, quelles qu’elles soient. C’est un message qui me tient à cœur.
Dominique
Rester le cycliste que j’étais ne dépendait que de moi !
Avant que l’on découvre mon diabète, je ne savais pas ce que c’était réellement, personne n’était diabétique dans la famille !
A l’hôpital, on vous dit beaucoup de choses en peu de temps et du coup je n’ai pas franchement réalisé ce qui se passait mais j’ai tout de suite été pris en charge. Aux vues des résultats de mes analyses médicales, on a proposé de me mettre directement sous pompe. Je l'ai accepté et je me suis très vite senti mieux. Pour moi, les règles de diététiques ne semblaient pas très compliquées car je les appliquais déjà en tant que sportif.
Mais le passage le plus difficile a été quand j’ai discuté avec d’autres personnes diabétiques qui ne faisaient pas de sport de haut niveau. En pleine ascension sportive, j’avais peur de ne pas pouvoir continuer la compétition.
J’ai demandé à mon médecin ce qu’il en serait, il m’a expliqué ce qu’impliquerait le diabète dans mon métier de sportif : une hygiène de vie rigoureuse et des contrôles réguliers de ma glycémie.
A partir de là, j’ai su que retourner à ma passion de cycliste ne dépendrait que de moi et du bon équilibre de mon diabète.J’ai recommencé une vie aussi normale que possible et j’ai vite repris la saison de vélo. Le 1er juillet 1987, j’étais au départ du Tour de France, 9 mois après la découverte de mon diabète !
Dominique
Une carrière professionnelle pourtant bien tracée

Depuis que je suis jeune, je fais du sport en compétition. J’ai commencé avec le football, comme beaucoup de jeunes, puis vers l’âge de 15 ans je me suis lancé dans le cyclisme. C’est un sport individuel où les résultats ne dépendent que de vous, de votre hygiène de vie, de votre volonté et c’est ce qui me correspondait le mieux.
Toujours avec cet esprit de compétition, je suis entré chez les Juniors puis les Cadets et j’ai ensuite accédé à la catégorie Elite. En fait, j’ai suivi l’ascension du club cycliste de ma région. A 22 ans, j’ai eu l’opportunité de signer un contrat dans une équipe professionnelle, ce qui m’a permis de participer au Grand prix du Midi Libre, au Tour du Limousin, au Critérium du Dauphiné Libéré, au Tour d’Espagne et bien entendu au Tour de France.
L’année 1986 a été sportive, avec deux grands Tours (Tour de France et Tour d’Espagne), même si elle s’est malheureusement terminée par une chute lors d’un critérium à Poitiers !
Après cette saison, j’avais alors 27 ans, ma santé a commencé à me jouer des tours, je continuais les entraînements mais je me voyais décliner au fil des semaines… J’ai perdu 10 kg très rapidement, ce qui a conduit mon médecin à faire des analyses. Le verdict est alors tombé : « j’étais diabétique ».
Dominique








